Jackson: les êtres persans

21 septembre 2009

Ils ne sont pas nés sur les bords du fleuve Mississippi. On le leur rappelle assez souvent. La communauté iranienne de Jackson compte une trentaine de membres. Dont Muhammad et Omid. Père et fils. Ils cultivent le sens de l’accueil comme le jardin derrière la maison. Aubergines, tomates, piments.

La rencontre a lieu dans une station service. Muhammad nous invite à le prendre en chasse. Il ne veut pas nous donner d’indications hasardeuses. Vaut mieux pas trop  s’égarer dans South Jackson. La criminalité gagne du terrain dans cet ancien havre blanc-bec peu à peu délaissé. Pour autant, nous dit-on, il n’y a rien à craindre du voisinnage. Omid : « We have guns and the best dogs. » Et puis c’est la loi. T’as le droit de dessouder n’importe quel pélo qui s’aventure sur ton gazon. Autant dire qu’on est super secure tandis qu’au loin retentit une double rafale d’un semi-automatique.

omid_mohammedweb

L’accueil, on disait. Bière ou Coca, houmous assis en cercle sur un tapis persan. Nos hôtes nous gâtent en plats gracieux et se contentent d’une assiette pour deux. Partage des expériences. L’histoire d’un mec qui quitte l’Iran pour les Etats-Unis, et s’y installe définitivement après plusieurs escales. Devenu darron de l’asphalte, il nous paterne. C’est le break idéal.

Omid, le fils, est né au Koweit. Titulaire d’une green card, il attend un passeport américain mais ne fantasme pas sur la citoyenneté. Prisonnier d’un pays qui n’est pas encore le sien. Il rêve d’ailleurs, de la Californie et des étoiles. Dans un an peut-être, il sera à Berkeley où l’évasion verticale est permise. Les lumières de Jackson sont trop fortes. Il y a beaucoup de nuages dans le Mississippi.

The Barn in Nashville.

16 septembre 2009

Au début, ce post partait ainsi : « David Lynch, réalisateur réaliste, acte 2. L’homme qui devrait aller faire un tour à Sevierville prépare un documentaire sur les coachsurfers. Le principe est basique : vous allez dans une ville, vous cherchez un hébergement, clic clac sur internet, et des gentils hôtes vous proposent un canapé, un café, une chambre, une soirée, un bout d’intimité facebookienne sans rien vraiment connaître de leur vie.
Parfois, tu tombes sur un freak. On conseille à David Lynch une certaine Erika à Memphis. Mais à Nashville, on est comme à la maison.
Ca sent le rock, les chaussettes sales, les restes de pizza, les poils dans la baignoire. 5 gars, la vingtaine, étudiants, la plupart dans la musique. Forcément à Nashville, il n’y a que ça. Deux rues parallèles fourrées des plus grands studios d’enregistrement. » Voilà pour le prologue, au style ampoulé mais chafouin, on vous l’accorde. Mais la suite le sera tout autant. Bref, on ferme la parenthèse.

Tout devait donc partir de cette phrase lynchéenne, sauf que Coco, désormais moustachu, nous avertit du haut de son puits de science que ce début était faux. Lynch ne prépare aucun docu fiction. Et vérification faite, la nouvelle moustache de Coco avait raison. Ce qui ne change rien à notre humus de Nashville, nos coachsurfers à nous.
Au Barn, c’est le nom de leur maison, on est à la cool. Barbecue le dimanche, jam session le soir, Mario Bros en fond. Et on papote. On n’oublie pas de sortir les Frenchies dans une soirée de lancement de la revue d’arts Rabbit, leur faire faire un petit tour dans Nashville histoire de dire à la mifa à quoi ça ressemble, leur montrer les endroits sympatoches (vous remarquerez que cet adjectif tout comme le nom festoches sont très moches).

steven

Steven

par ct

David

tyler

Tyler

jacob

Jakob