RestAu(stin), forcément au Justine’s

28 septembre 2009

Au Justine's

Au Justine's

Ca sent la fin de voyage. La fatigue prend les muscles et l’esprit comme le crocodile sa proie. Un croc et une jouissance de la souffrance. La victime meurt noyée, coincée au fond, dans  la vase, entre deux rochers. La chair devient faisandée. En tout cas c’est le (dé)goût que je m’en fais. Itou pour la fatigue. Y’a des jours où on est bien calé. Genre au Justine’s. Un resto-guinguette perdu au fin fond d’une zone industrielle. Mais c’est loin d’être la zone. Au contraire. Y venir ça se mérite, se taper trois mille miles, avoir suinté, peu et mal dormi, sur une moquette miteuse, sur un sofa qui décida de ne jamais s’ouvrir et dont la barre métallique (oui, c’est étrange, pas de bois mais du bon vieil acier) vous façonne le dos, une nuit dans une voiture devant un casino alors que le jour était à peine levé,  la chaleur nous faisant suffoquer dans l’habitacle bien sale d’une Dodge Caravan, dont cette dernière qualification n’était qu’une étiquette. Et ouais pour toutes ses souffrances, le Justine’s était notre purgatoire. L’endroit laid back.

Lady's restrooms

Ladies restrooms

Les patrons, Pierre, un bluesman Français arrivé il y a vingt ans, et sa femme, Justine, photographe américaine. Le couple baroude,vit dans de superbes trailers couleur inox, écoute de la bonne, très bonne musique, attend un enfant. Et comme Sainte-Rita veillant sur les causes perdues, Pierre et Justine, eux, nous ont pris sous leurs ailes. Le tartare, la partie de pétanque, les cocktails, les danses, les discussions, les rigolades ont été appreciated. Pour nous ils étaient nos saints. Quoi de mieux que de leur rendre hommage avec une série emprunte d’une belle lumière à la Caravage (l’auteur de ce post n’en est pas trop sûr, il lance le débat, et comme la Barack est web 3.12, la suite dans les comments). Celui qui mena une vie dissolue près de Milan au XVIème siècle ne disait-il pas qu’il avait trouvé la rédemption de ses turpitudes dans la peinture. Itou pour nous au Justine’s.

P.S : Ce post a été écrit, et édité après 18 heures de voiture entre Austin et Chicago, 1800 km parcourues. Merci pour votre indulgence.

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6 Réponses to “RestAu(stin), forcément au Justine’s”

  1. mehdimeddeb said

    Je réitère ce que j’ai dit sur Caravage, surtout concernant la troisième et dernière photo prise par Corentin Thévenet.

  2. vallotte said

    je sais pas si c’est sous influence caravagienne, mais en tous cas elles sont vraiment belles ces photos…

  3. eleonore said

    une claque, surtout la dernière, vraiment très belles

  4. Mamine said

    Certes vous semblez bien fatigués, mais malgré cela quelles photos magnifiques, et vos références à Caravage montrent que l’esprit et l’humour fonctionnent toujours!!! Le compte à rebours de votre aventure commence.vous reviendrez encore, cette fois bien éreintés mais la tête pleine de sensations qui ne vous auront pas fait perdre le goût de bouger et je l’espère celui de continuer à partager même avec la doyenne du blog ces impressions. merci et à bientôt

  5. fabrice said

    …..oui tres belles photos dans la continuité de la technique du « clair-obscur » propre au maitre !

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