Dead end in Sevierville

14 septembre 2009

Hot road / gba

Rien autour.

Des Américains sortis de nulle part déambulant dans une ville factice.

Deux rangées de batîments, vingt-trois motels, douze McDo, trois CVS, un Magic Quest, un magasin As Seen On Tv, trois Wendy’s, quatre supermarchés Fireworks les biggest of the worldand much more, le colonial, le Coroner, le Capri, le Cold Creek, Doo Dollywood Tickets, cinq stations-essence sans oublier le Motor Lodge.

Et autour : rien.

Juste des milliers d’Américains qui débarquent. Qui marchent. L’équivalent de la Macha maghrébine. Tu marches le long de la corniche. Tu marches, et demande pas où tu-vas car tu marches. La même ici. Sauf que certains sont venus avec leur caisse, une vieille bien lustrée, une Cadillac 1955, je te la vends 45 000 dolls, ou une Harley que tu pourrais même pas conduire car t’es couché et que tu dois avoir fait du yoga pour déployer tes bras. Des vieux tout souriant au parler fort, au ricanement insistant…David Lynch est un cinéaste réaliste. Faites-en une thèse. Rien d’onirique ou de fantastique. Non, tout est là. Plus que cela…and much more.

L’esprit de Seviervile : un purgatoire à ciel ouvert pour matérialistes en short XXL.

Tu sues car tu marches, et tu poses ta chaise dépliable car pendant un instant tu fatigues. Il est temps d’observer le défilé des jolies voitures et des motos bruyantes. Se perdre dans un déluge d’engins colorés, mais fades. Tout semble irréel, tout comme ces hommes et ces femmes, des ombres que l’on craint de déranger. Personne ne te voit. Sevierville existe-t-elle vraiment?

Pourrait-on mentir et faire croire qu’une cité a été construite, la monter à la levée du jour, et la rentrer à la tombée de la nuit?

Et demande pas pourquoi Sevierville a été faite, ici, dans cette vallée verte. La peur du vide, peut-être. Comme une névrose refoulée de se faire bouffer par les esprits des montagnes fumeuses, et non moins sacrées : les Smoky Mountains. Alors Sevierville reste un mystère : où vivent tous ces gens? Ville de série B des années 2000. Et si ce n’était qu’un décor. Et si Sevierville se donnait à voir comme ce coup de file perçu loin, très loin, et dont le son se rapproche, petit à petit. Et tu te réveilles. Le sourire béat. Le soulagement infuse tes poumons. La pluie arrive, elle s’abat. Et libère. La route s’ouvre devant toi. Et l’odeur de Nashville.

Hot road - ct

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2 Réponses to “Dead end in Sevierville”

  1. Sylrider said

    Sevierville, ville du carton-pâte ?

  2. Kevin said

    Votre blog est tout simplement ouff !! J’aimerais savoir quand est ce que vous etes sencés paritr ??

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